À  vrai dire, c’est la présentation et la vidéo de Michael Tamblyn (voir : 6 idées pour l’édition numérique), et plus particulièrement la première idée qu’il y développe, qui m’a amenée à creuser un peu la situation des données bibliographiques pour la France.

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En France, les données bibliographiques sont produites par Electre, filiale commerciale du Cercle de la Librairie. Le site officiel (à l’allure d’ailleurs un peu vieillotte) nous rappelle l’essentiel de son histoire : une base de données papier, informatisée en 1984, passée sur minitel en 1986, puis sur CD-Rom en 1989, sur internet en 1997, et qui compte (en 2009) près de 900 000 titres mis à jour quotidiennement.
Formidable, non ?

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Le problème, c’est que l’abonnement à Electre coûte extrêmement cher. Sur ce point, l’analyse de Charles Kermarec dans l’article la Poule aux œufs d’or notamment repris sur Melico, ainsi que dans l’article Frileux et Pusillanimes sont dans un bateau, sur son blog Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, est plus qu’éclairante.

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Dans le premier article, Charles Kermarec pourfend avec précision et efficacité le lieu commun qu’on nous ressert depuis plusieurs années : « c’est le téléchargement illégal qui a tué l’industrie du disque ».

Pour lui la crise du disque est due à : 1 – la décision prise par les maisons de disque de “rationnaliser” la distribution du disque, de manière à maximiser leurs profits en privilégiant les hypermarchés et les Fnac aux dépens des disquaires ; 2 – une politique de prix « erratique, aberrante, imbécile », qui ont provoqué une vague de copie; 3 – la stigmatisation de la copie, dénommé vol ou piratage (alors même que la copie est dans les gènes de l’industrie du disque…), et la mise en place de DRM, en l’absence de toute offre sérieuse à prix acceptable, ou d’un relais sérieux vers Internet en magasin, ayant pour effet de générer encore plus de copies, puisque les DRM gênent avant tout ceux qui achètent légalement…

Dans le second article, Charles Kermarec est on ne peut plus clair :

C’est un fait avéré : les éditeurs ont interdit qu’Electre soit la base de référence gratuite des français. L’une des deux principales raisons de l’absence des libraires sur l’Internet réside dans cette, mauvaise, décision.

La seconde raison résidant, selon lui, dans la frilosité des libraires à organiser la création d’un portail de la librairie française (dont il est question, tout de même, depuis 1999…).

Reste la question principales : sans un accès facile et peu coûteux (voire “dans les nuages”), à ces références bibliographiques, comment vendre facilement et efficacement le livre sur Internet ?